Bonne Année...à la chilienne
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Je rentre aujourd’hui à Santiago après avoir profité du soleil, de la mer et du calme de La Serena où nous avons été fêter le Nouvel an avec la famille et quelques amis. Nous nous sommes en fait retrouvés dans une résidence ultra chic, « La Serena golf », où la nouvelle bourgeoisie chilienne et argentine apprécient venir passer le début des vacances.

Cette ambiance fortunée et très consensuelle ne nous a pas empêché de célébrer le réveillon comme il se doit, selon les coutumes chiliennes, toutes plus surprenantes les unes que les autres : après avoir enfilé nos culottes jaunes, annonçant une année riche en amour, les douze coups de minuit se déroulent tel un vrai marathon. Bousculades entre les jeunes filles, c’est à celle qui embrassera un homme la première, sinon le port de la culotte jaune perd tout sa magie ! Puis, chacun avale douze grains de raisins pour s’assurer un porte monnaie bien rempli cette année et reprendre aussi un peu de forces avant de faire le tour du pâté de maison avec, sur le dos, un sac rempli de paquets de sel (bien lourd !), prévoyant pleins de voyages et d’aventures en 2007.
Bien essoufflés, nous avons alors le droit de siroter un pisco sour (je me demande bien ce que ça peut annoncer...) tout en contemplant le feu d’artifices qui se reflète merveilleusement dans l’Océan Pacifique.
En fait, il faut bien dire que Maria Teresa, chez qui je vis, est fière de me montrer un pays très riche, où les gens vivent dans un confort opulent, et me ballade de villas en restaurants huppés. Je passe donc de nombreuses soirées avec la bourgeoisie santiaguine, où les femmes sont toutes blondes et souvent assez bien « refaites »...
Et c’est tout à fait compréhensible, on n’a pas envie de me montrer la misère, d’ailleurs incroyablement peu visible en centre ville : on aurait pas idée à Santiago d’installer des tentes pour les Sdf, on fait tout, au contraire pour qu’ils ne se voient pas.
Santiago est une ville extrêmement propre où l’on ne risque pas de mettre le pied dans une crotte et c’est dans son métro, très moderne, que l’on prend conscience du tempérament respectueux et civilisé de sa population, très dépaysant pour une parisienne mais pas désagréable du tout !
Evidemment, cette visite des quartiers chics et autres résidences modernes ne peut que me faire prendre conscience des énormes écarts de richesse, des grandes inégalités sociales qui prévalent au Chili.
Santiago
Je me plais beaucoup à Santiago où je commence à prendre mes petites habitudes : j’adore aller passer une partie de l’après midi dans le quartier Bellavista et m’asseoir à l’une des terrasses de ses nombreux cafés, au milieu des petites maisons colorées et des lieux fréquentés par ce qu’on pourrait certainement appeler les « bobo » de la capitale. Les gens que je rencontre, quand je leur dis que je suis une étudiante française, trouvent toujours une histoire à me raconter à propos d’un membre de leur famille, d’un ami qui vit en France, un peu comme si tous les Chiliens avaient une attache dans notre pays, s’ils n’y sont pas déjà allés eux-mêmes. En tout cas, leur réaction est toujours enthousiaste, et certains, je dois vous le dire, prennent le temps de me glisser un mot sur notre Michelle Bachelet nationale (Segolène Royale) qui jouit d’une image très positive ici.
Je suis toujours bien accueillie, les Chiliens ont l’air de beaucoup apprécier leurs touristes et n’hésitent à leur venir en aide, si ce n’est à leur secours : quand je suis un peu étourdie, on vient souvent me prévenir qu’un voleur ou un « charlatan » (comme ils disent) me suit et risque de me dépouiller. Une fois, un bus s’est même arrêté dans une rue déserte de Valparaiso pour me faire monter, tous les voyageurs s’étant aperçus que je me faisais suivre par de jeunes hommes un peu louches... On me l’a pourtant beaucoup répété, il faut rester toujours vigilante en voyage ! les faisais suivre par de jeunes hommes un peu louches... On me l’a pourtant beaucoup répété, il faut rester toujours vigilante en voyage !
De Pinochet, décédé il y maintenant un mois environ, il reste très difficile de parler. Si les jeunes gens adorent raconter comment ils ont pu faire la fête le jour de sa disparition, je n’ose que très peu aborder le sujet avec les gens plus âgés ou que je connais moins. La grand mère qui vit avec nous ayant pris le soin de m’informer, à mon arrivée de la « triste mort d’un homme qui aura beaucoup compté pour le pays ». En fait, je crois que je n’imaginais pas à quel point la société chilienne était divisée à son sujet. Et c’est très récemment, à la lecture un article d’El Mercurio qui faisait le portrait d’un homme exceptionnel dont l’image avait été, certes, un peu ternie ces dernières années avec la découverte de ses comptes personnels à l’étranger que j’ai pris conscience de mon ignorance et de ma naïveté : un des journaux (de droite) les plus lus au Chili, exprime encore la bonté de cet homme, souligne l’héritage positif de son régime et le gratifie d’avoir « sauver » le pays de la guerre civile dans laquelle l’avait plongé le Président Allende !
La société chilienne porte véritablement, pour moi, un regard des plus complexes sur son histoire contemporaine, une vision et une analyse que je ne soupçonnais pas.
La petite historienne que je suis à encore beaucoup à apprendre... Je vous donne des nouvelles très bientôt.
Bonne année 2007 à tous !
Commentaires
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Bonne Année...à la chilienne12 de enero de 2007, par ClaireAh ma petite Pauline, je te reconnais bien là ! Ta description de la soirée chilienne m’a bien faite rire, surtout quand je t’imagine en train de faire le paté de maison avec un sac contenant des paquets de sel ! J’ai hâte de te relire.

