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Holden et Panico : des accords francochiliens

Coup d’œil sur l’actualité musicale de 2 groupes au passé commun et au destin « franco-chiliennement » lié

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Il est en musique une règle relative aux accords. Elle établit qu’aux notes communes, le chemin le plus court. Prenons, par exemple, deux accords de trois notes. D’un côté, un RE majeur, fait, comme « chacun », sait d’un Ré, d’un Fa# et d’un La. De l’autre, un La mineur, fait lui aussi, d’un La, d’un Do et d’un Mi). Le chemin le plus court pour passer de l’un à l’autre est le la qui, comme vous pouvez le constater, est présent dans les deux accords. Le La marie, fusionne, intègre les deux accords. Les notes communes qui relient les « Français » de Holden et les « Chiliens » de Panico sont majeures et vont bien au-delà d’un simple La ! Il s’agit d’une mélodieuse harmonie -humaine- dont on pouvait croire qu’il n’en existait pas beaucoup dans ce monde souvent avare de consonances...

Mais bon, passons sur ces métaphores théorico- musicales et plongeons dans l’histoire commune de ces filles et garçons aux parcours riche en coïncidences.

C’est dans un monde sonore aux frontières de plus en plus incertaines que commence, vers la fin des années ’90, l’aventure chilienne d’Holden. Leurs complices ? Panico, groupe chileno-français qui résidait alors à Santiago et dont le label, Combo Discos, prit en charge la publication au Chili de l’Arrière monde, le premier album des parisiens,. L’impact de ce nouveau son venu d’ailleurs « fit mouche » dans certains esprits chiliens, ouvrant ainsi une fenêtre qui permit aux nouveaux airs venus de France de faire vibrer autrement les tympans chiliens.

Holden est avant tout une histoire d’amour...

Entre Armelle (chant) et Mocke (guitare). Pour eux « s’échapper » de Paris - vers l’Irlande ou le Chili par exemple- relève parmi d’autres d’un instinct créateur toujours en mouvement. C’est pourquoi leur musique est tout aussi mouvante, installée quelque part entre rock rétro, po(p)ème sonore et un esprit, aux compositions libres, fait de jazz, chanson française et ambiances cinématographiques.

Le groupe, formé aussi de deux français et un chilien, revient tout récemment du Chili après y avoir enregistré leur troisième album et joué à guichets fermés à Santiago et Valparaiso. Pourquoi enregistrer à 15000 km de Paris, pourquoi tout près les Andes ? Parce que, au delà des complicités avec Panico et la scène chilienne, leur producteur musical -un certain Uwe Schmidt mieux connu sous son « nom de scène » Señor Coconut- vit là-bas. C’est d’ailleurs lui qui inspira le titre de leur précédent album : Pedrolira. Pedro Lira est en effet le nom de la rue de Santiago où Señor Coconut vit à Santiago. C’est là aussi qu’il travailla avec les Holden au mixage de leur dernière création. Voila donc le Chili devenu l’attrape-cœur de la bande à Armelle.

Panico aussi...

La leur est une histoire d’amour de l’époque du lycée. Elle se passait, elle aussi, à Paname. Entre Caroline (basse) et Eduardo (chant). Après plusieurs « allers-retours » entre les deux continents, ces francochilenos tenants d’un post-punk-électro-latino, viennent de sortir leur dernier album -Subliminal Kill- et d’entamer une tournée dans toute la France. En 2001 ils étaient arrivés en grande pompe sur la scène parisienne, après avoir signé chez Sony France Télepathic Sonora, un album au mélange de rock et cumbia. Mais les obsessions du « marché » et du label de vouloir les cantonner dans un concept latino genre « Manu Chao » à la chilienne n’étant pas forcement leur tasse de thé, il décident de se faire la belle avec leur nouvelle « coupe » toujours aussi rokenrol et surtout toujours aussi délirante, encouragés par un public français de plus en plus convaincu par l’originalité du groupe.

Cette année, les deux groupes vivant à Paris se retrouvent dans l’écho d’une nouvelle fraîcheur créatrice où l’espace commun et l’originalité de leurs musiques casse toute frontière musicale. On peut d’ailleurs les voire sans problème déambuler aussi bien sûr les quais de Seine une baguette dans une main, que traverser le Mapocho par le puente Pio Nono, une empanada dans l’autre. Même qu’ils seraient bien capables de changer de place la baguette et l’empanada !

Lâchons donc les amarres et laissons-nous aller sur les ondes de cette transposition sonore qui marie deux univers séparés par des milliers de kilomètres. Tendons l’oreille pour apprécier à quel point les notes communes sont bel et bien présentes et que Ré majeure peut devenir La mineur pour peu qu’on s’intéresse plus au vécu (innovant !) qu’aux étiquettes (de plus en plus désuètes). Français, chiliens et autres mélomanes lointains, Holden et Panico sont là pour nous rappeler que lorsqu’il est balisé par la musique et la création, le chemin entre deux mondes et non seulement le plus court mais le plus passionnant aussi.


P.-S.

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Vos commentaires

  • Le 27 décembre 2005 à 21:44, écrit par papillon

    Buen artículo.En todo caso, Uwe Schmidt es un músico alemán muy respetado y admirado acá en Chile, por su trayectoria y múltiples proyectos (todos con distintos seudónimos), siendo los más conocidos acá Atom Heart y Señor Coconut.He tenido el placer de verlo en varias de sus facetas (Flanger, en el teatro Novedades buenísimo !)y me declaro fan.
    Al margen de que considero a Holden un excelente grupo -los he visto cada vez que han tocado acá- creo que se anotaron muchos créditos al trabajar con un personaje tan versátil y creativo como él.Recomiendo los discos "Fiesta songs" y "El Baile Alemán" (tributo a Kraftwerk)de Señor Coconut.

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