Les avis contrastés publiés ces derniers jours par deux journalistes de la galaxie de Le Monde, sont assez révélateurs des débats suscités par la récente publication en France de Après la révolution. Rêver en gardant les pieds sur terre, d’Ernesto Ottone et Sergio Muñoz [1] , deux anciens responsables des jeunesses communistes chiliennes du temps de l’Unité Populaire.

Ironisant sur le fait qu’ils se disent encore "de gauche", Maurice Lemoine, journaliste et rédacteur en chef du Monde Diplomatique, met en avant leur "démolition en règle du président vénézuélien Hugo Chávez, citations du « philosophe » français Bernard-Henri Lévy ou de Jean-François Revel à l’appui ". Faisant état de l’ouvrage État des résistances dans le Sud [2] , Lemoine ajoute : on pourrait opposer à nos deux repentis « le maintien remarquable de l’adhésion populaire aux projets “ nationalistes ”, “ développementistes ” ou “ bolivariens ” portés par Rafael Correa [Equateur], Evo Morales [Bolivie], Hugo Chávez et même Lula [Brésil].
Dans Le Monde, Paulo Paranagua souligne qu’au contraire, l’un des mérites du livre réside justement dans le fait qu’il "défend ces avancées graduelles face à la résurgence d’une gauche radicale, tentée par les raccourcis révolutionnaires et alimentée par les pétrodollars du président vénézuélien, Hugo Chavez. Il n’est pas indifférent, souligne Paranagua, que les auteurs, anciens militants communistes, évoquent leur exil en Europe, qui les amena à rompre avec le marxisme soviétique, Car une bonne partie des spéculations sur un « socialisme du XXIe siècle » fait justement l’impasse sur les tragiques leçons du communisme réel.
Dans sa rencontre avec Francochilenos, Ottone explique ses raisons, se dit convaincu que l’on peut "rêver en gardant les pieds sur terre" et qu’en tout état de cause la Concertation Démocratique qui gouverne le Chili depuis bientôt 19 ans, a "choisi le chemin le plus solide".
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