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Condor, les Axes du Mal

C’est au nom de "la lutte contre le terrorisme" qu’une opération spéciale - nom de code CONDOR - a été menée dans les années 70 et 80 en Amérique du Sud.

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Cette lutte lancée par le Chili après le coup d’état du 11 septembre 1973 d’Augusto Pinochet, ciblait les mouvements de gauche et Condor devint rapidement un réseau reliant les dictatures militaires, soutenu par le département d’Etat américain et la CIA.

Le film de Rodrigo Vazquez, jeune cinéaste argentin, accompagne plusieurs victimes du sinistre Plan, toujours à la recherche de la vérité. Il pousse certains leaders de Condor, encore en place, à témoigner.

Depuis les évènements du 11 septembre 2001, certains revendiquent ouvertement être les pionniers de l’actuel combat contre le "terrorisme international".

Synopsis

Martin Almada, avocat Paraguayen, se bat depuis des années pour retrouver des preuves des exactions commises par les autorités à l’époque du Général Stroessner.

Sa plus belle victoire date de 1992, lorsqu’il a trouvé dans un commissariat plus de 400.000 documents -dont l’existence était niée par les autorités. Parmi ces documents qui relatent avec précision les sévices infligés aux prisonniers, Martin retrouve une cassette audio ; cette cassette contient ses hurlements de douleur, enregistrés pendant qu’il était torturé. La police secrète fit écouter cette cassette à sa femme jusqu’à ce qu’elle succombe d’un infarctus.

Dans sa quête permanente d’une justice pour toutes les victimes, Martin veut trouver d’autres archives dont il connaît l’existence, mais qu’il lui faudra localiser avant que la police ne les fasse disparaître.

Martin et ses anciens compagnons de cellule emmènent le réalisateur visiter le lieu de leur détention.

Petit à petit, le réalisateur découvre les ramifications internationales de l’opération Condor. L’équipe du film se rend alors au Chili, à la recherche d’un co-détenu arrêté au Paraguay - Jorge Fuentes. Son histoire nous entraîne dans les arcanes du Condor.

Nous découvrons comment le réseau agissait dans toute l’Amérique du Sud, mais également en Europe et aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs en plein coeur de Washington que le Condor frappe en 1976. C’est cette même année que les services secrets américains informent officiellement Henry Kissinger de l’existence de ce réseau. Mais Kissinger savait déjà, et en 1976 il donne le feu vert aux militaires argentins pour "rétablir l’ordre et combattre cette guerre non conventionnelle", l’autre nom de la guerre contre le terrorisme.
Une nouvelle guerre contre le terrorisme a été lancée par les Etats-Unis après les évènements du 11 septembre 2001. Les principaux acteurs de l’Opération Condor saisissent l’occasion justifier leurs actions.

Pour la première fois, Manuel Contreras -ancien chef des services secrets chiliens et connu sous le nom de Condor 1- accepte de témoigner à l’écran.

Il explique le pourquoi de cette guerre sans « uniforme », en civil. Il nous fait part de sa fierté quand il constate que les Etats-Unis d’aujourd’hui utilisent les méthodes que lui a pratiquées il y a près de 30 ans. Et il n’est pas le seul.

Alfredo Lobo, un argentin instructeur de commando formé aux Etats-Unis parle lui aussi des méthodes "insidieuses" qu’il utilisait. Quant à Osvaldo Romo, il a beau être l’un des rares à être emprisonné -probablement car il n’était qu’un exécutant- il ne regrette rien. Et ajoute, très « scientifiquement » que d’après lui, tout cela n’était que la suite logique des "recherches" menées par la France pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie puis par les USA pendant la guerre du Vietnam.

Mais CONDOR n’est pas qu’une sale histoire du passé puisqu’en janvier 2002, le réseau qu’on pourrait croire disparu organise un enlèvement. La victime sera sauvée de justesse, et cet évènement permettra d’accentuer la pression sur la justice paraguayenne.

Martin Almada reçoit alors le feu vert des autorités et peut découvrir, « en direct » plusieurs tonnes d’archives qui échappent ainsi à une destruction programmée.


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