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Michelle Bachelet : symbole féministe ou cache-sexe latino ?

C’est la question posée par Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste de l’Amérique Latine à l’IRIS, à deux semaines du retour au pouvoir de l’ex-présidente chilienne.

« Il y a proportionnellement plus de femmes chefs d’Etat en Amérique latine qu’en Europe ou en Amérique du Nord. De quoi dépoussiérer l’image d’Epinal d’un "continent" de machistes barbus à la virilité agressive et discriminatoire. Reste à vérifier si l’arbre Bachelet ne cache pas une forêt de malentendus », écrit le chercheur [1] dans le Huffington Post.

Tout en rappelant les statistiques qui confirment que « 23% des députés et sénateurs latino-américains sont de sexe féminin (...) un tout petit peu plus qu’en Europe (20,5%), nettement mieux que dans les pays arabes (13,5%), mais beaucoup moins que chez les Scandinaves (42,3%) », Kourliandsky rappelle que « l’Amérique latine a depuis longtemps honoré ses "mères courage" ».

« Il reste malgré tout encore bien des interrogations », ajoute le chercheur qui remarque que « beaucoup de femmes latino-américaines sont victimes de violences ». Et de citer les chiffres fournies par les Nations unies selon lesquelles il y aurait eu en 2011 dans huit pays de la région 1139 homicides de femmes et que seuls 10% des auteurs de ces crimes auraient été mis en examen.

Le poids de la culture et des églises

Dans un sous-continent « encore très religieux », la violence culturelle, héritage cultuel, reste et de loin un point sensible, estime Kourliandsky pour qui « les interdits transmis pendant plusieurs siècles par l’Eglise catholique, sont aujourd’hui relayés par les nouvelles religions évangélistes et pentecôtistes ».

Bien que notamment « l’indépendance des juges, l’un des acquis du retour de la démocratie, est en train de faire bouger les lignes, dans plusieurs pays », le chercheur constate que « certaines évolutions sont (...) réelles, mais très lentes et paradoxales » . Et de conclure en rappelant que, « Michelle Bachelet, encore candidate à la présidence du Chili, mettant en avant ses responsabilités antérieures concernant les droits des femmes à l’ONU, a prudemment annoncé une évolution : "le monde a avancé, a-t-elle déclaré, je pense qu’au Chili aussi la famille a changé" ».

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Notes

[1Jean-Jacques Kourliandsky est spécialiste de l’Amérique latine et de l’Espagne à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris).

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