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Brésil 2014 : impossible n’est pas chilien ?

Vu surtout depuis cette France qui doute, le trop plein d’assurance qu’affichent certains Chiliens à propos de la prochaine Coupe du Monde surprend notamment par la démesure de quelques unes de ses expressions médiatiques.

Impossible de recenser ici la quantité d’actions commerciales, promotionnelles et même politiques qui parlent de ces Chiliens qui se prennent à rêver de lendemains sportifs qui, promis juré ! chanter d’ici quelques jours pour le Chili au Brésil.

Certes, à l’heure qu’il est il n’y a pas qu’au Chili qu’on se laisse aller aux rêves. Sauf que là nous sommes loin des doux rêves de tout supporteur qui se respecte. Ici c’est à la vie ou à la mort, et le Chili fait peur à la terre entière. La mort et la peur. Étonnant recyclage de deux mots qui, jusqu’à il y a peu, avaient dans le pays des connotations beaucoup moins sportives.

Deux vidéos produits par deux de sponsors de "la Roja" - une banque et une marque de bière - parlent mieux que quiconque de ce Chili au bord de la "surchauffe".

"La mort, on s’en fout !"

« Para un chileno nada es imposible, no nos importa la muerte porque a la muerte la hemos vencido antes » Pour un Chilien rien n’est impossible, la mort on s’en fout car la mort, nous l’avons déjà vaincue proclame, face caméra et visiblement surexcité, Mario Sepulveda, le plus médiatique des fameux 33 mineurs restés 68 jours ensevelis sous terre. Sur une musique grandiloquente sortie d’une bande annonce hollywoodienne, Sepúlveda proclame qu’être tombés dans le « groupe de la mort » - la Roja devra vaincre l’Espagne ou la Hollande si elle veut aller plus loin - n’intimide guère des Chiliens pour qui « rien n’est impossible ».

A croire que les amitiés franco chiliennes ont produit un curieux transfert du bon vieux « impossible n’est pas français ».


Chile mete miedo

Pas étonnant donc que le slogan du spots publicitaire de l’autre sponsor - Cerveza Cristal, sorte de Kronenbourg chilienne - soit ni plus ni moins que..."le Chili fait peur".
Une peur contagieuse qui va du Japon au Cameroun, et de la Grande Bretagne aux Etats Unis dont les redoutables Chiliens hantent les joueurs et les supporteurs.


Raison garder ?

Petites mais raisonnables, quelques voix se lèvent pour appeler à la prudence, à ne pas vendre la peau de l’ours sportif avant la fin de la compétition et à résister à la déferlante médiatique qui voudrait que l’équipe chilienne soit le symbole reloaded du "jaguar" que jadis était censé incarner la superbe réussite économique chilienne.

Une résistance qui, signe de temps, s’exprime principalement dans les réseau sociaux, à coup de tweets et de "memes" comme celui ci : [1]


Notes

[1Dans le "meme" de l’affiche "le Chili fait peur" on voit à la place des joueurs et de gauche à droite, l’ancien président de Renovación Nacional Carlos Larrain, véritable seigneur féodal de la droite chilienne, Pinochet et l’auteur de sa fameuse constitution, l’avocat Opus Dei Jaime Guzmán.

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