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Michelle Bachelet : un accident de la vie politique chilienne ?

Le débat organisé par l’association FRANCHIR a permis de mieux comprendre pourquoi le Chili s’apprête à élire une femme à la présidence de la république pour la première fois de son histoire.

Ce fut le premier débat organisé par l’Association FRANCHIR à la Maison de l’Amérique Latine. Actualité oblige, il a été consacré à regarder plus près la candidature présidentielle de Michelle Bachelet. Ancienne ministre de la Santé et de la Défense du gouvernement de Ricardo Lagos, Michelle Bachelet, militante socialiste et leader des forces de la Concertation Démocratique semble, selon les sondages, assurée de devenir la première femme à parvenir aux plus responsabilités du pays.

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Claire Durieux, Eduardo Olivares, Maïté Albagly et Sophie Stoffel (Photo : V. Huygue)

Un tel événement est-il le reflet du niveau de participation politique des femmes chiliennes ? Ou est-ce plutôt un « accident » dû, entre autres facteurs, à la personnalité et au profil « atypique » de celle qui est à l’origine de ce que l’on qualifie souvent de « phénomène Bachelet » ?

Quatre femmes ont apporté des lumières et des points de vue parfois contradictoires sur la question posée. Sophie Stoffel, politologue belge et co-directrice de l’ouvrage Représentation politique des femmes au Chili (L’Harmattan 2005) ; Maïté Albagly, franco-chilienne, secrétaire générale du Mouvement français pour le Planning Familial ; Claire Durieux, ancienne Attachée Culturelle de l’Ambassade de France à Santiago et Carolina Muñoz, journaliste chilienne, spécialiste de l’image des femmes dans les medias, dont l’intervention a été enregistrée en direct de Santiago du Chili.

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Un aspect de la Table Ronde (Photo : Véronique Huygue)

Le débat qui s’en est suivi, riche en points de vue et réflexions fort intéressantes, demande sans aucun doute à être poursuivi et approfondi. C’est pourquoi nous vous proposons d’écouter ou réécouter ici même les 4 interventions. Nous vous invitons en même temps à donner votre avis sur un sujet qui semble être désormais aussi bien au coeur de la vie politique chilienne que française : la participation des femmes dans la vie politique.

- Ecouter l’intervention de Sophie Stoffel


- Ecouter l’intervention de Maïté Albagly


- Ecouter l’intervention de Claire Durieux


- Ecouter l’intervention de Carolina Muñoz


Vos commentaires

  • Le 31 octobre 2005 à 10:54, écrit par Cordova Zuñiga Roberto

    Bravo, je voudrai avoir s.v.p, le programme en francais de Madame Bachelet.
    merci.

    • Le 10 décembre 2005 à 23:58

      Traduction de la lettre d’introduction (fait avec Systran - pardon pour la qualité de celle-ci)

      Le mois de septembre passé a été entamé avec de bonnes nouvelles pour nos compatriotes dans l’extérieur. Préalablement, le 26 août, on a publié les réformes par lesquelles la Concertation a combattu depuis 1990 et qui font du Chili un pays plus démocratique, en laissant dans le passé les ligotages du régime militer. ET en vertu de ces réformes, nos citoyens auront la nationalité Chilien sans avoir besoin avecindar dans le Chili et ceux qui adoptent ou aient adopté une autre nationalité, ils pourront être encore des Chiliens.

      Comme mère de trois fils, le premier dont – Sebastián – ­ est né dans l’exile, ai partagé le sentiment d’amertume beaucoup de mères et de pères Chiliens dont les fils avaient été obligés jusqu’à présent, d’être des apatrides par le seul fait d’avoir né hors de notre pays. Avec ces réformes, le début de l’ius sanguinis s’incorpore à notre ordre juridique, ce qui signifie que tout fils ou fille père ou mère Chilien, indépendamment du lieu du monde où il naît, il aura notre nationalité et fera partie de notre Communauté nationale. Je partage avec vous qui est traité sans doute d’une avance remarquable en ce qui concerne la situation de discrimination flagrante dans laquelle ils avaient été jusqu’à présent nos fils nés dans l’extérieur. De même, les compatriotes qui, pour différentes raisons, ont dû adopter une autre nationalité, suivront être reconnus comme Chiliens par notre État, à moins qu’ils renoncent expressément à les être.

      Sans doute, la réforme laisse encore des sujets en suspens pour atteindre l’égalité complète entre nos citoyens de la XIV Région et ceux de des autres treize régions du pays, et pour cela les continuerons à travailler.

      D’autre bonnes nouvelles sont la publication récente du Registre de Chiliens dans l’Extérieur, selon les estimations duquel ils sont plus de les 850.000 les compatriotes que pour l’une ou l’autre raison ils ont émigré à d’autres terres et vers lesquels, sans doute, nous devons avoir une politique intégration et accueil dans tous les domaines.

      De mes conversations avec certains de ces compatriotes établis dans les plus divers lieux du monde, j’ai rassemblé l’aspiration sentie et légitime qui ont de prendre part activement le travail national et au développement du pays, à travers le suffrage. En accord avec les nouvelles conditions d’un monde chaque fois plus globalisé et avec le droit que la Constitution accorde à tous les Chiliens et aux Chiliens plus grands de 18 années, je considère fondamental que nous continuions à travailler pour adapter la législation électorale en vigueur de telle sorte qu’et les compatriotes qui vivent hors de nos frontières puissent exercer le droit de vote, tant pour choisir à ses représentants comme pour prendre part les plebiscites.

      Heureusement, comme ils ont largement informé les moyens de presse, aussi ce sujet est ouvert chemin rapidement dans la société Chilien, à la chaleur du débat suscité par le mouvement présenté par le député Isabel Au-delà qui réforme la Loi de Votes Populaires et Examens minutieux, en permettant l’inscription dans les registres électoraux et le vote les Chiliens et les Chiliens dans le pays où ils résident. Ce mouvement dispose déjà le parrainage de l’Exécutif et ont émergé des voix d’appui depuis des secteurs qui s’étaient opposés jusqu’ici systématiquement à ce droit, en ouvrant de cette façon possibilités de légiférer sur cette matière dans cette période. Par certain, je maintiens mon compromis de toujours avec cette aspiration juste et, de d’être approuvé le projet dans ce gouvernement, ne me engage pas à le parrainer, quand il assumera la Présidence de la République.

      Nous marcherons ainsi vers une société plus juste, plurielle, diverse et intégratrice, où toutes les femmes et hommes de notre patrie, soient à l’intérieur ou hors de nos frontières géographiques, puissent exprimer de manière libre et démocratique leurs aspirations et rêves pour la construction d’un pays meilleur.

      J’aspire que dans le prochain gouvernement de la Concertation, vous puissent continuer à apporter au pays depuis leurs savoirs et sentiments acquis dans la diversité de sociétés dans lesquelles il leur a touché vivre. Cette richesse culturelle et sociale, avec des visions différentes dans un monde globalisé, sont un apport substantiel pour notre développement comme nation.

      Il est pour cela que je me engage à promouvoir dans mon gouvernement une politique d’État dans cette matière qui répond aux principes suivants :

      * Le respect sans restriction des droits humains – civils, de travail et culturales– et des immigrants, ce qui, dès qu’il est de la compétence à l’État du Chili, importe la ratification et la promulgation de toute la réglementation internationale qui protège de tels droits.

      * L’élan, depuis l’État, d’une culture de respect, tolérance, accueil et solidarité aux immigrants et ses familles, ainsi que des Chiliens et à des Chiliens qui retournent à leur patrie, fondée les principes d’égalité et non discrimination, par la création de conditions institutionnelles et communicationnelles qui favorisent son intégration et compromettent à l’ensemble de la société civile.

      * La promotion de l’asociatividad, pour améliorer le dialogue des immigrants et des Chiliens et des Chiliens résidants dans l’extérieur avec l’État du Chili, assurer le caractère participant la génération et la mise en oeuvre les politiques et les initiatives en rapport avec et les immigrants et stimuler le renforcement les identités et les cultures nationales de de tous, dans un cadre d’acceptation de la diversité.

      * L’abonnement de nouveaux accords bilatéraux en matière de nationalité, de revalidation d’études et exercice professionnel, santé, continuité de la prévision sociale, sécurité dans la cession de remises, etc.

      * La création d’un caractère institutionnel étatique adéquat, qui garantit la mise en oeuvre effective de cette politique d’État en matière de migrations, basée les principes indiqués précédemment et qui promeut l’incorporation de la société civile.

      Avec l’amélioration des normes sur la nationalité, la mise en oeuvre du droit de vote et à l’extension de conventions en matière de santé, d’éducation et de prévision, à auxquelles nous avons renvoyé, perseveraremos dans la politique de coordonner tous les efforts gouvernementaux tendants à faciliter les démarches de nos compatriotes avec les divers domaines du caractère institutionnel étatique Chilien. Attention particulière méritent les cas exonérés, d’ex prisonniers politiques et torturés et fils de d’exécutées et arrêtées disparues qui, pour trouver à l’étranger, ont eu des difficultés pour être recourues aux bénéfices accordés par les lois de réparation qu’ont dictées nos gouvernements.

      En conclusion, je comprends la reconnaissance tous de vos droits comme fondamental, parce qu’il garantit la pleine participation un régime démocratique. J’ai la certitude qui constitue une aspiration de la plus haute signification pour tous nous.

      Je, tout comme vous, ai aussi su peines et joies quand on vivra hors de la patrie. ET tout comme vous, j’ai été aussi hors du Chili pour raisons très différentes : en étant enfant, par transfert familial ; en étant jeune, à la suite de la dictature, et déjà adulte, par amélioration professionnelle.

      C’est pourquoi j’ai voulu partager ces sentiments et propositions. Je comprends que le seul fait de penser que notre terre, depuis la distance, nous attend et elle nous reçoit, est une joie et un espoir pour la grande famille Chilien dans l’extérieur.

      Je les invite à construire ensemble un sentier de continuité entre le Chili à l’intérieur et du Chili au-delà de nos frontières. Parce qu’effectivement le Chili nous sommes tous.

      Ils reçoivent une chaude embrassade,

      www.gauchetotalitaire.net

    • Le 22 décembre 2005 à 19:52, écrit par thomas

      Chili : le programme de Michelle Bachelet
      Michelle Bachelet même si elle a souffert de la dictature de Pinochet est sans doute loin de la politique à l’époque préconisée par Allende. Son élection permettra sans doute de tourner la page Pinochet. La stratégie préconisée par Michelle Bachelet est une politique ouverte et, contrairement à la motion Hollande, ne fait à aucun moment le procès de la mondialisation. Voici quelques morceaux choisis de son programme précis et volumineux. Michelle Bachelet en politique de gauche, réclame un peu plus d’état et de régulations. Néanmoins, ses demandes s’inscrivent toujours dans une politique de coopération avec le privé. Et du point de vue de l’état, le Chili a sans doute de la marge...

      Collaboration public-privé

      Au Chili, plus de 90 pour cent des emplois est produit par le secteur privé, avec pour une bonne partie des entreprises moyennes et petites. L’État ne s’occupe pas directement de ceux qui trouvent un emploi. Mais les politiques publiques en effet peuvent produire les conditions pour que l’économie croisse et qu’apparaissent davantage d’occasions de travail, pour que les plus vulnérables aient les mêmes possibilités d’accéder aux emplois et pour que quand quelqu’un perd son emploi, il ne reste pas dans une situation d’abandon.

      Globalisation : la fin des barrières
      discriminatoires

      Nous devons refléter le phénomène de la globalisation dans notre politique extérieure à travers l’intégration régionale et mondiale, le multilateralisme et la coopération internationale. Nous reconnaissons la globalisation, l’interdépendance croissante entre les nations et les forces qui poussent l’intégration régionale comme tendances propres de notre temps. Nous chercherons des alliances avec des pays avec lesquels il y a des « critères convergents », qui nous permettent de maximiser la réalisation d’objectifs clefs de notre politique extérieure : la paix, les droits humains, la lutte contre la pauvreté et la fin des barrières discriminatoires dans le commerce mondial.

      Exemple du Transport

      Nous aspirons à un système de transport public qui garantisse la mobilité pour tous les Chiliens. Nous voulons un système compétitif et efficace, respectueux de l’environnement et qui offre sécurité aux citoyens. À partir de 1990, les gouvernements de la Concertation ont favorisé des politiques d’investissement du secteur privé. L’objectif de cette nouvelle façon de faire face au problème du transport était de disposer d’un système efficace et moins polluant. On a énormément avancé en infrastructure et dans la modernisation du transport. Pendant les dernières 15 années, nous avons privatisé la gestion des chemins de fer et du secteur portuaire. On a aussi avancé en transport urbain : le projet Transantiago marque le début d’un énorme processus de modernisation du transport public urbain. Pour accomplir nos objectifs en matière de transport, nous proposons un plan de politiques publiques avec des réformes institutionnelles et politiques spécifiques pour les différents modes de transport.

      Un peu plus d’état

      La dictature dans son alliance avec le néolibéralisme a consacré de grands efforts à réduire la taille de l’État, en dédaignant la fonction publique, en éliminant les fonctionnaires. Une des tâches fondamentales que les gouvernements de la Concertation ont assumées dans la rectification du modèle économique a été de revendiquer le rôle de l’État, récupérer ses capacités, moderniser son fonctionnement et rendre transparente sa gestion. Les efforts des gouvernements de la Concertation pour récupérer la fonction publique ont abouti à un agenda de réformes sous le gouvernement du Président Lagos ; il a été légiféré sur la nomination de directeurs publics, la carrière des fonctionnaires, la gestion financière, les frais, les achats gouvernementaux et l’évaluation de programmes publics. Au prochain gouvernement il lui reviendra d’appliquer ces réformes.

      Commerce International

      En matière d’intégration économique, les avancées du Chili durant les dernières 15 années n’ont pas de comparaison. À partir des années 90, la Concertation a avancé dans l’ouverture négociée avec les pays de l’Amérique latine. Depuis des débuts de la présente décennie, la priorité du Chili s’est concentrée sur les traités de libre commerce avec les Etats-Unis, l’Union Européenne, EFTA, la Corée et l’Océanie. Simultanément, nous avons travaillé et participé dans toutes les initiatives commerciales ALCA, APEC et OMC. Sur le plan multilatéral, notre priorité sera le terme des négociations de la Ronde de Doha, dans le cadre de l’Organisation Mondiale de Commerce, qui permettent de disposer d’un système multilatéral de commerce plus juste, avec des règles claires et qui, en particulier, réduit et élimine les subventions à l’agriculture.

      OBJECTIFS PRIORITAIRES

      Avec l’objectif principal de fortifier les liens avec l’Amérique latine, nous donnerons la priorité aux relations internationales avec les pays émergents de l’Asie, avec les pays qui partagent nos intérêts et stades de développement, et avec les Etats-Unis. Nous maximiserons le potentiel du Chili comme pays plate-forme pour les investisseurs du Asie-Pacifique. Si notre pays matérialise les accords commerciaux dans des voies de négociation avec la Chine et l’Inde, et éventuellement avec le Japon, le lien vertueux avec l’Asie croîtra, en pouvant comprendre, en outre, les dimensions diplomatiques et culturelles. Certains pays, comme la Nouvelle-Zélande, l’Irlande, le Canada et l’Australie, et les pays de l’EFTA, comme la Suisse et la Norvège, sont géographiquement éloignés mais partagent avec nous non seulement des intérêts commerciaux ou d’investissement, mais, en outre, des orientations politiques démocratiques et de valeurs humanitaires. À ces pays nous accorderons une attention spéciale sur le plan bilatéral et multilatéral. Avec les Etats-Unis nous partageons des valeurs et des objectifs centraux en politique extérieure, comme la démocratie, la protection des droits humains et la recherche d’un commerce international plus libre. Nous continuerons à consolider notre relation avec les Etats-Unis. Nous utiliserons pour cela le Sommet des Amériques et le projet de création d’un secteur de libre Commerce des Amériques.

      publié par Le crédule libéral

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